Nos propositions pour une alimentation plus durable


Le 4 mars dernier, nous avons eu le plaisir de participer au premier workshop du Think Tank Food & Planet. Nous avons choisi l’atelier abordant la thématique suivante : « Comment répondre aux attentes sociétales en termes de respect de l'environnement tout en prenant en compte les contraintes des agriculteurs ? Comment proposer un modèle d'alimentation durable accessible à tous ? ». Les échanges furent très riches puisque nous étions plus de 30 participants d’horizons différents, avec des connaissances et expériences diverses, qui, ensemble ont abouti à des propositions et axes d’amélioration complets.


En tant que diététiciennes et donc professionnels de santé faisant partie du corps médical nous sommes l’un des maillons de la chaîne permettant l’évolution vers une alimentation plus durable. Nous rejoignons l’ensemble des différents acteurs que sont les autorités, les consommateurs et citoyens, les agriculteurs, les syndicats agricoles, l’industrie agro-alimentaire, les distributeurs/centrales d’achats, les scientifiques (recherche publique/privée), l’éducation nationale, les restaurateurs, les collectivités…


Nous avons pour notre part mis en avant différents points concernant l’agriculture biologique, les cultures agricoles, la distribution, le gaspillage alimentaire, les recommandations nationales ou encore les consultations diététiques. Les idées et propositions sont nombreuses pour ce sujet complexe et passionnant, dont voici quelques exemples :


- Mettre en place des aides à la conversion à l’agriculture biologique pour les agriculteurs permettant de développer ce type d'agricultur afin d’en faciliter l’accès à l’ensemble des consommateurs, tout en respectant le travail de agriculteurs.


- La demande des consommateurs est croissante concernant les produits issus de l’agriculture biologique. Il s’agit de répondre à une demande. C’est une agriculture qui permet aux agriculteurs de produire moins, de meilleure qualité avec un prix de vente cohérent, leur permettant de vivre dignement de leur travail.


- L’agriculture biologique est plus respectueuse de l’environnement et des animaux. Arrêtons de produire toujours plus avec un prix d’achat toujours plus faible aux agriculteurs. C’est une course folle qui épuise l’environnement mais aussi les agriculteurs eux-mêmes, injustement rémunérés.

- Mettre en place des aides au développement de la vente directe pour les agriculteurs le souhaitant et disposant d’exploitations à taille humaine (site internet, points relais ou accueil sur l’exploitation…). Ceci est plus rentable pour l’agriculteur tout en permettant de tisser du lien social en réconciliant consommateurs et agriculteurs. Cela permet également de limiter le gaspillage alimentaire, la perte/casse puisqu’il n’y a pas d’intermédiaires ni de transports/stockages longs.


- Revoir la chaîne du producteur au consommateur en termes de gaspillage. De nombreux produits sont écartés pour des raisons tout autres que nutritionnelles : forme, taille, esthétique… Il est important de les valoriser d’une autre manière : dans des produits transformés ou via d’autres canaux de distribution. Par exemple les épiceries Nous antigaspi!, la vente directe, les paniers anti-gaspi / promotions en supermarchés (DLC courtes), To good to go…


- La diversification des cultures ou encore la mise en place de la permaculture (concept systémique et global qui vise à créer des écosystèmes respectant la biodiversité) participe à la préservation de l’environnement.

- Prendre du recul quant à la répartition des superficies de cultures : quelles superficies de cultures dédiées à l’alimentation des animaux VS quelles superficies dédiées à l’alimentation humaine directe. La diffusion d’informations concernant l’alimentation plus végétale, participerait à un rééquilibrage des cultures à long terme puisque le comportement d’achat des consommateurs serait modifié. Cette diminution aiderait à la diminution de la contamination des sols et des gaz à effet de serre.. Il ne s’agit pas de mettre en place un régime végétarien mais simplement que chaque citoyen comprenne l’intérêt d’une alimentation végétale, soit informé et puisse intégrer une à plusieurs fois par semaine des recettes végétales ; pour sa santé et l’environnement.

- Nos convictions depuis toujours : un modèle d’alimentation durable accessible à tous passe par le retour aux produits bruts, que l’on cuisine. Le coût d’achat est bien plus faible et la qualité meilleure. Pour cela il faut informer et éduquer les citoyens et seule une diététicienne est à même de le faire concernant l’alimentation. L’opération M’T dents soutenue par la sécurité sociale pourrait être duplicable aux consultations diététiques avec un consultation pour chaque citoyen une fois dans sa vie. L’objectif est que chacun soit sensibilisé et informé de ce qu’est une alimentation équilibrée. Cela aura un impact direct sur les habitudes de consommation et la répartition des catégories d’aliments et de cette manière la variété dans l’assiette permettra d’enclencher la variété des cultures.

- Poursuivre l’évolution des recommandations nationales. Les légumes secs ont été intégrés dans les recommandations mais serait-il possible d’intégrer également la complémentarité céréales-légumineuses (riz/lentilles, pois chiches/semoule...) et d’en expliquer son intérêt ?

Le poisson (et notamment le poisson gras) est mis en avant dans les sources de protéines (en corrélation avec la recommandation de diminution de la viande), peut-on également imaginer que des sources de protéines végétales tel que le tofu, le tempeh et le seitan entrent dans les recommandations ? La variété nutritionnelle a un intérêt pour la santé et induira une diminution des sources de protéines animales. En découlera de ce fait l’augmentation des surfaces d'agriculture dédiées directement à l’alimentation humaine, participant ainsi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans le même sens, peut-on imaginer faire entrer les alternatives végétales aux produits laitiers (jus végétaux, yaourts végétaux, fromages végétaux) dans les recommandations afin de diversifier l’alimentation et les cultures ? Nous en dégagerions également un intérêt santé (diminution des acides gras saturés) et pour l’environnement.

- Informer le grand public avec des campagnes de communication mais également des interventions dans les restaurations collectives (adultes & enfants) pour faire évoluer les menus proposés et surtout EXPLIQUER. Mettre la variété à l’honneur en alternant menus contenant des produits animaux et menus végétariens.


Article rédigé par Sarah Marin-Maire, diététicienne nutritionniste et co-fondatrice de Make Me Healthy



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